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Les paroisses de Gagny | ||||||||||||||||||||||
Lorsqu’il disparaît en 1916, l’Europe est en pleine guerre et le pays à des choses plus urgentes à traiter que de s’occuper d’un obscur ermite assassiné au fin fond du Sahara.
Pourtant, qui aurait pu prévoir une telle fin ? A 23 ans, jeune officier en Algérie il est renvoyé de l’armée pour "indiscipline doublée d’inconduite notoire". Depuis longtemps il a abandonné la foi de son enfance.
Il pense que cette vie pourrait attirer quelques hommes jeunes et, pour eux, il rédige une règle. II retourne en Algérie, puis descend encore plus au sud s’installer littéralement dans le bled, en plein désert, dans les montagnes du Hoggar à Tamanrasset, lieu de passage des tribus Touaregs. C’est là qu’il passe les onze dernières années de sa vie, vie de pauvreté au milieu des plus pauvres, passant des heures en prière, vie de proximité dans l’amitié de la vie quotidienne. II devient alors comme il aime s’appeler, le petit frère universel, témoin de Dieu au milieu des hommes. II se lie d’amitié avec tous ceux qui passent, il apprend leur langue, le tamachek, recueille traditions et histoire. II rédige un dictionnaire pour une langue purement orale, en grand danger d’extinction du fait qu’elle est parlée tout juste par quelques milliers d’individus. Travailleur acharné, il fait oeuvre de civilisation. Désespérément, il cherche à avoir au moins un compagnon mais tous ses efforts échouent, telle était la volonté de Dieu pour lui, et c’est seul qu’il meurt, victime de conflits locaux. Une fois la vie normale ayant repris son cours, on découvre une oeuvre considérable. Charles de Foucauld s’y révèle un pionnier qui ouvre de nouveaux chemins d’évangélisation : prêcher dans le silence la bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour les hommes. Les compagnons qui lui ont fait cruellement défaut de son vivant, c’est après la guerre qu’ils peuvent dès 1920 s’inspirer de son message, lorsqu’on a pu avoir accès aux documents. La "règle" était prête. II n’y avait plus qu’à la vivre. Et bientôt, à côté des Petits Frères et des Petites Soeurs de Jésus ont vu le jour plusieurs institutions se rattachant à l’idéal de Charles de Foucauld. Son message était enfin entendu !
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