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Charles de Foucauld, un saint pour notre temps


Article publié le jeudi 3 novembre 2005.

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Lorsqu’il disparaît en 1916, l’Europe est en pleine guerre et le pays à des choses plus urgentes à traiter que de s’occuper d’un obscur ermite assassiné au fin fond du Sahara.

Pourtant, qui aurait pu prévoir une telle fin ? A 23 ans, jeune officier en Algérie il est renvoyé de l’armée pour "indiscipline doublée d’inconduite notoire". Depuis longtemps il a abandonné la foi de son enfance.
 
Explorateur au Maroc (alors interdit aux Européens) dans des conditions extrêmement difficiles, il est fort impressionné par la foi des Musulmans qui répondent cinq fois par jour à l’appel du muezzin, du haut des minarets. Le rapport officiel qu’il rédige pour la Société de Géographie lui vaut une médaille d’or. Rentré à Paris, il reprend la vie mondaine mais il s’ennuie. II est tourmenté et sa première prière est une prière d’incroyant : « Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse » qu’il répète inlassablement dans l’église saint Augustin. La rencontre de l’Abbé Huvelin est déterminante. Sa conversion est foudroyante, et d’ajouter : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui » II avait 28 ans. Il rejoint un monastère trappiste en Ardèche, à Notre-Dame des Neiges, puis en Syrie pendant sept ans. Mais ce n’était pas sa vocation. A la recherche de la volonté de Dieu, il se rend en terre sainte qu’il sillonne à pied. A Nazareth, il travaille comme jardinier chez les clarisses. Il s’imprègne de la vie de Jésus, menant la vie des ouvriers pauvres comme Jésus auprès de Marie et de Joseph au milieu de leurs voisins. Et il veut reproduire d’aussi près que possible leur mode de vie parmi les plus délaissés. Il fait sienne une parole de l’abbé Huvelin, ami de la famille devenu son confesseur et dit à Jésus : « Vous avez tellement pris la dernière place que personne n’a pu vous la ravir ».

Il pense que cette vie pourrait attirer quelques hommes jeunes et, pour eux, il rédige une règle. II retourne en Algérie, puis descend encore plus au sud s’installer littéralement dans le bled, en plein désert, dans les montagnes du Hoggar à Tamanrasset, lieu de passage des tribus Touaregs. C’est là qu’il passe les onze dernières années de sa vie, vie de pauvreté au milieu des plus pauvres, passant des heures en prière, vie de proximité dans l’amitié de la vie quotidienne. II devient alors comme il aime s’appeler, le petit frère universel, témoin de Dieu au milieu des hommes. II se lie d’amitié avec tous ceux qui passent, il apprend leur langue, le tamachek, recueille traditions et histoire. II rédige un dictionnaire pour une langue purement orale, en grand danger d’extinction du fait qu’elle est parlée tout juste par quelques milliers d’individus. Travailleur acharné, il fait oeuvre de civilisation.

Désespérément, il cherche à avoir au moins un compagnon mais tous ses efforts échouent, telle était la volonté de Dieu pour lui, et c’est seul qu’il meurt, victime de conflits locaux. Une fois la vie normale ayant repris son cours, on découvre une oeuvre considérable. Charles de Foucauld s’y révèle un pionnier qui ouvre de nouveaux chemins d’évangélisation : prêcher dans le silence la bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour les hommes.

Les compagnons qui lui ont fait cruellement défaut de son vivant, c’est après la guerre qu’ils peuvent dès 1920 s’inspirer de son message, lorsqu’on a pu avoir accès aux documents. La "règle" était prête. II n’y avait plus qu’à la vivre. Et bientôt, à côté des Petits Frères et des Petites Soeurs de Jésus ont vu le jour plusieurs institutions se rattachant à l’idéal de Charles de Foucauld. Son message était enfin entendu !

Quelques repères 1886 : conversion à st Augustin et formation de trappiste
1858 : naissance à Strasbourg orphelin très jeune, il est élevé par son grand-père 1897 : à Nazareth
1876 : Elève officier à St Cyr 1901  : ordonné prêtre. Retour en Algérie
1878 : campagne d’Algérie 1905 : s’installe à Tamanrasset
1er décembre 1916 : meurt assassiné 1881 : explorateur au Maroc
13 novembre 2005 : béatifié à Rome





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