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Les paroisses de Gagny | |||||||||
"Ras le bol du pape !" disait un jeune il y a quelques temps... Oui ! Pourquoi en a-t-on tant parlé chez les chrétiens comme chez les non-chrétiens. Voici quelques éléments de réponses. Qui est le Pape pour un catholique ?C’est le successeur de Pierre, premier évêque de Rome, martyrisé au temps de Néron vers 64, Pierre est l’un des apôtres appelés par Jésus Christ. Jésus lui a confié sa communauté, son Eglise : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai ma communauté..." Il devra affermir ses frères dans la foi ! Pierre est enterré sous l’actuelle basilique Saint-Pierre de Rome. On a retrouvé les restes de sa tombe.L’évêque de Rome est pour les catholiques le garant de l’unité des Chrétiens et le guide de la foi, au nom de jésus-Christ. jean-Paul II insistait sur son titre d’évêque de Rome. Benoît XVI s’est présenté comme "un serviteur de la vigne du Seigneur". Etre pape, c’est un service plus qu’une autorité ou une dignité ! Pourquoi Jean-Paul II a-t-il eu un tel impact bien au-delà de l’Eglise ?A son enterrement, nous avons vu plus d’un million de personnes : des chefs d’Etats, de nombreux délégués des grandes religions (Les Eglises chrétiennes, protestantes et orthodoxes, mais aussi des juifs, musulmans, sikhs, bouddhistes, etc.), mais aussi des foules anonymes, jeunes et plus âgées. Pourquoi ? A cause de sa personnalité exceptionnelle, son charisme et son don de la communication. Et aussi parce qu’il a toujours voulu transmettre un message qui le dépasse, l’Evangile, le message de Jésus Christ, une parole forte, souvent dérangeante, parfois écoutée et parfois rejetée. Souvenons-nous de ses condamnations des dictatures communistes et aussi des injustices provoquées par le capitalisme sauvage. Pensons aussi à ses appels pour la paix et pour la justice sociale, pour le respect de la vie et de l’amour. Il n’a pas laissé indifférent ! Quelle que soit notre réaction, nous avons senti un homme convaincu, pas du tout démagogue et qui a voulu apporter le point de vue de l’amour de Dieu sur nos problèmes humains. C’est précieux.Pourquoi Jean-Paul II a-t-il exprimé la repentance de l’Eglise ?Nous avons encore à la mémoire l’image du vieux pape à Jérusalem, au mur des Lamentations, introduisant une prière dans une fente entre deux pierres. Sur le texte de cette prière : "Dieu de nos pères, vous avez choisi Abraham et ses descendants pour amener votre nom aux nations : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l’Histoire ont fait souffrir vos enfants et demandons votre pardon." Cet acte de repentance n’est pas tactique (pour conquérir qui ?) mais profondément humain... et aussi chrétien. La demande de pardon est quelque chose de profondément chrétien. Le pape a ainsi exprimé la repentance de l’Eglise face aux victimes de l’inquisition, des croisades, etc.En effet, l’Eglise, notre Eglise, c’est-à-dire la communauté, la famille des amis de Jésus Christ est pour nous divine et humaine. Divine, elle a été fondée par Jésus et elle est guidée par son Esprit Saint. Humaine, elle est formée d’hommes pêcheurs, parfois bornés ou simplement aveuglés par les préjugés de leur époque. Comme nous peut-être ! Dans l’histoire de l’Eglise, nous voyons l’inquisition condamner à la torture ou à la mort des hommes et des femmes accusés d’hérésies, des "albigeois" aux protestants. Nous voyons les croisades contre les musulmans, les persécutions contre les juifs au Moyen-Age... et tout cela au nom de Dieu ! Mais en même temps, cette Eglise trop humaine a été capable de transmettre le message d’amour et de paix de Jésus avec fidélité. Toujours des témoins ont lutté fidèlement pour la fraternité et le respect entre les hommes : saint François d’Assise a dialogué avec le Sultan d’Egypte (tout le contraire des croisades), le Cardinal Saliège, les réseaux de Témoignage Chrétien et bien d’autres ont défendu les juifs persécutés par les nazis. Mère Teresa a protégé les malades abandonnés dans les rues de Calcutta. Et Jean-Paul Il a été aussi un grand témoin ! Qui est Benoît XVI ?Ce qui frappe chez le nouveau pape, c’est d’abord sa grande intelligence et sa foi robuste. Les cardinaux l’ont élu à cause de cela, probablement. Sa nationalité (allemand né en Bavière) et son âge (78 ans) n’ont pas été déterminants dans leur choix. Au concile Vatican II (une réunion de tous les évêques du monde autour du pape dans les années soixante), il est le brillant théologien, conseiller du cardinal Frings, archevêque de Cologne. Il fait partie des théologiens les plus ouverts de son époque. Il fonde avec ses amis Karl Rahner et Congar la revue Concilium.Dans les années soixante-dix, il évolue. Certains disent qu’il se recentre, d’autres qu’il se referme. Il est appelé par Jean-Paul II pour diriger la Congrégation pour la doctrine de la foi. Rappeler la vraie foi, à temps et à contretemps, comme saint Paul, c’est son rôle. Il le fait avec rigueur et avec vigueur. Il en met plus d’un mal à l’aise avec sa manière de condamner la théologie de la libération ou son refus de reconnaître les communautés protestantes comme Eglises... Mais reconnaissons son humilité désarmante dans son nouveau rôle de papeIl a dit : "En ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis je faire cela ? Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité je ne pourrai jamais porter seul". Pour nous, catholiques, nous voyons en lui le pape. Nous croyons que les cardinaux réunis en conclave ont bien fait leur travail. Ils ont prié l’Esprit saint et ont choisi en conscience celui qui leur paraissait le plus digne de succéder à Pierre. Nous croyons que Benoît XVI est guidé par l’Esprit saint dans sa lourde tâche. Nous croyons aussi que l’Esprit nous illumine et nous permet de vivre en union d’esprit avec le nouveau pape, en union d’Esprit saint !"Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Evangile est lettre morte, l’Eglise une simple organisation, l’autorité une domination, la mission devient seulement de la propagande, le culte un souvenir et l’action chrétienne une morale d’esclave" tiré de Ignace IV : la résurrection et l’homme d’aujourd’hui. Faire un commentaire sur cet article |